Archives de Catégorie: Si Mirebeau m’était conté

Ils ont choisi Mirebeau

Mirebeau accueille. Nouveaux commerçants, artisans, professions libérales, retraités… Ils ont choisi de devenir Mirebalais. Vous les présenter et les accueillir, tel est l’objet de cette nouvelle rubrique. Blogalement vôtre. jeanpierrejeannin@msn.com

 

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« mirebalais »

"mirebalais"

ou: quand on pense que ce sont ceux de’ Côte d’Or que l’on appelle "sur-Bèze"!

« Mesdames, Messieurs, je vous parlerai aujourd’hui d’éjaculation ». Sur ce terrain délicat, évitons tout risque transmissible de dérapages par l’usage préservatif d’un vocabulaire sécurisé, permettant une approche médicale, culturelle, et historique du sujet. (Jusque là, tout le monde suit mais je sens bien que certains commencent à se demander où conduisent, aujourd’hui, les chemins du Blog.)

Evénement majeur d’une rencontre sexuelle, l’éjaculation permet à la femme de savoir que son partenaire a eu un orgasme (« Ça y est, je suis arrivé ! »), ce qu’elle apprécie différemment selon l’endroit du parcours où elle-même se trouve : le plus souvent « en pleine progression ». Elle déplore ce manque de synchronisation et admet difficilement que son partenaire ne puisse maîtriser le déroulement de la course. « Mais enfin, Roger, t’aurais tout de même pu m’attendre ! » Pour Roger qui déjà s’endort, l’étape est terminée.

(Ayant été, plusieurs fois, sans raison avouée, banni du site paroissial où l’on a effacé tout lien mentionnant l’existence de ce blog, je vais sûrement encourir cette fois l’exblogation définitive.)

La pression culturelle et médiatique qui s’exerce sur les hommes les pousse à retarder le plus possible leur éjaculation pour permettre aux femmes d’atteindre à l’orgasme. Les productions pornographiques -celles que personne ne regardent mais que tout le monde a vues- montrent des acteurs capables de retarder leur éjaculation et même de ne pas éjaculer du tout pour préserver leur érection. Ce qui importe c’est de durer. Méfiez-vous cependant des excès de ralentissement car une dame peut manquer de lubrification vaginale et aussi de patience, au point de s’ennuyer et de perdre sa concentration. Tout reprendre à zéro n’est pas une sinécure.

Je vois bien que certains s’inquiètent, non de ces pratiques quelque peu répréhensibles mais de mon état psychique en me voyant traiter ici d’un sujet aussi pointu que scabreux. Ils ont tort. Ce blog s’adressant d’abord aux « Mirebalais », il m’a paru intéressant de leur donner la définition de leur patronyme tel qu’il apparaît dans les dictionnaires français des 18-19 ème siècles. « Mirebalais : hommes qui s’occupaient des dames dans les soirées galantes lorsque les autres messieurs étaient hors de combats ». Notez l’emploi de l’imparfait, non que la tache fut mal exécutée mais parce que les faits évoqués remontent bien plus loin dans notre histoire. Du coup, vous voilà rassurés, sur ma santé.

L’Histoire de France fourmille de périodes coquines où les puissants ne l’étaient justement pas assez pour sacrifier aussi longtemps qu’ils l’auraient souhaité, aux pratiques dévergondées qui avaient cours à la Cour. « Excusez-moi, Monseigneur, mais je vous trouve un peu court ! » Un jeune domestique, récemment monté de sa province, assistant à ces embarras, fut prié par son maître de prêter main forte à sa maîtresse. Il le fit si bien qu’on l’engagea à demeure et ne sut plus, bientôt, où donner du… service. « N’y a-t-il pas dans ton village d’autres jeunes gens comme toi, doué pour ce que tu sais ? Prie-les donc de venir te rejoindre ». Le jeune homme s’exécuta et créa une sorte d’agence de service à la personne, comme on en rencontre encore aujourd’hui dans des villes thermales ou aux après-midi de la Coupole, à Paris… Désigner ces extras par leur nom aurait contrevenu à leur état de domestiques et aux codes de bienséance en vigueur. Préciser leur métier de façon intelligible eut été aussi choquant. « Nous les nommerons donc par leur origine géographique dit le Roi. Ni Guillaume, ni Gontran, mais « mirebalais, car il se trouve que ces braves jeunes gens sont tous originaires de Mirebeau-en-Poitou, où peut-être l’exemple des ânes a favorisé chez eux certains développements ».

Je me rappelle, c’était un beau soir du début de l’été, un samedi sûrement car il y avait foule. Ou un dimanche peut-être… Non, un samedi. Je ne sais plus, mais ce qui est sûr, c’est que j’y étais ! (jeanpierrejeannin@msn.com )

Mille remerciements au fidèle lecteur et ami de ce blog, Jacques D, mirebalais de Poitiers, qui m’a soufflé l’idée de ce beau sujet. Merci aussi à Google et aux sites de sexologie dont Patho108, que les amateurs peuvent consulter.


Le Tarare ou machine à fabriquer le vent.

Jusqu’au début du 19 ème siècle, les cultivateurs ne disposaient que de moyens très primitifs. C’est ainsi qu’après avoir coupé le blé, ou autre céréale, poignée par poignée, au ras du sol, à la faucille, ils battaient les tiges au fléau pour séparer le grain de l’épi. D’un côté on rammassait la paille à la fourche et de l’autre, le grain avec son enveloppe, qu’on appellait « balles ». Pour éliminer les balles, on attendait qu’il y ait du vent… On étendait alors un drap sur le sol et on y  versait le mélange grains-balles d’une hauteur de 1m70 environ, afin que les balles soient emportées par le vent et que les grains, plus lourds, tombent sur le drap, presque propres.

 

Séparer le grain des balles n’était donc possible que les jours de grand vent. C’est alors qu’en 1828, Vincent Jeannin, né à Mirebeau le 21 mai 1800, taillandier de son état, imagina une machine à « fabriquer » du vent. Plus tard, il dota son invention d’un jeu de grilles mobiles et fit breveter le « Tarare ventilateur » qu’il se mit à fabriquer, dès 1830, avec l’aide de quatre ouvriers.

Le succès fut immédiat car le besoin était  évident. A la mort de Vincent, en 1871, son fils unique, Charles -premier du nom- né à Mirebeau le 4 avril 1834, lui succéda et après lui, le fils de ce dernier: Charles -deuxième du nom- qui ajouta à la fabrication des Tarares celle des trieurs de grains, puis la vente et la réparation des premières machines agricoles.

A la fabrication des Tarares, inventés par son grand-père Vincent, Charles ajouta une entreprise de battage à domicile avec locomotive à vapeur. Il faut noter que les premières machines agricoles rencontrèrent une vive hostilité chez les ouvriers qui redoutaient qu’elles ne leur enlèvent le pain de la bouche. On alla  jusqu’à planter des pieux en fer dans les champs pour faire casser ces maudites mécaniques… Cependant, le progrès ayant toujours surmonté les obstacles, ces machines qui économisaient de la peine et donnaient du grain plus propre, s’imposèrent au fur et à mesure de leur utilisation… Le Tarare, fabriqué sous brevet dans plusieurs régions de France, rendit d’immenses services, durant plus d’un siècle.

J’avoue ma fierté de vous rapporter cette histoire, car Vincent Jeannin était mon arrière-arrière grand-père. Aujourd’hui encore, on trouve des Tarares dans bien des fermes où on les conserve soigneusement, arborant leur marque en gros caractères. Certains producteurs les utilisent toujours pour nettoyer et trier les haricots dont les procédés de récolte n’ont guère changé…  (contact: jpjeannin@9online.fr)

Photos de Trieurs de grain et Tarares Ventilateurs : en cliquant ici.

Autres liens: http://www.patrimoine-de-france.org/richesses-85-25176-166479.html (usine de construction mécanique créée par Vincent Jeannin) et le patrimoine industriel du Poitou-Charentes http://inventaire.poitou-charentes.fr/patind/pi/notice.php?id=IA86000109

  

 


Le BOURRICOT

Nous sommes en 1955. J’ai…nous sommes quelques uns à avoir dans les 18 ans : Jean-Claude Normand, l’ami, le frère des années culottes courtes, Jean-Louis Auger, l’élève exemplaire des classes primaires, son frère Georges, dit « Bébé », Jean Derveaux, pas encore médecin, puis Jean Pommier, pas encore curé de Lencloître et quelques autres… C’est aussi le temps de l’Abbé Gatard, « l’ami Vespa », l’un des meilleurs que nous n’ayons jamais eus…

 

Alors, un homme est arrivé. On ne sut pas vraiment d’où il venait ni pourquoi il en était parti mais, à défaut de bagages, il portait un tel capital de sympathie et de promesses qu’il fit rapidement la conquête de Mirebeau, toutes générations confondues…

 

En quelques semaines, Yvan Loupart devient plus mirebalais que les Mirebalais: il fonde une troupe scoute et lance un mensuel, Le Bourricot, que nous finançons par la publicité des commerçants et dont la devise nous enchante : « Bien faire et laisser braire ».

 

Je me porte alors volontaire pour assurer une rubrique régulière dont j’emprunte –sans vergogne- le titre à Sacha Guitry : « Si Mirebeau m’était conté ».  (L’ancienneté aidant, j’en ai aujourd’hui quasiment acquis la propriété)…  Pensionnaire à Poitiers, je passe mes jeudis à éplucher les archives de la Bibliothèque Municipale et en rédiger un digest hebdomadaire.

 

Les trois premiers numéros reçoivent un accueil encourageant. Porté par ce succès et convaincu d’immunité, grâce aux références historiques, j’écris un jour cette phrase fatale et qui entache encore ma réputation… (ça, c’est peut-être un peu trop). « Les moines et les prêtres fréquentent les tavernes. Ils boivent, jouent et portent l’épée à la ceinture. Il arrive même qu’ils s’affichent en compagnie de femmes légères. Après boire, on se querelle et les clercs qui auraient dû chercher à apaiser les rixes, y prennent part »… Ce fut hélas le dernier Bourricot. Un tollé général s’abattit sur nous. Le Doyen Renaudeau en parla en chaire. On reprocha à l’Abbé Gatard de n’avoir pas censuré ces débordements. Les commerçants retirèrent leurs budgets et l’astre Loupart commença à décliner. (jpj)

         

                                 JeanDerveaux, Yvan Loupart et Jean Pommier

      


Les extraterrestres à Mirebeau

        contact < jp@jeanpierrejeannin.fr >
        Catégorie: Si Mirebeau m’était conté
        Nous sommes en août 1979. Il est très exactement 21 heures 10. Jean Martin, directeur de l’Hospice profite de la vue superbe que lui offre sa terrasse, rue du Baconnet. Soudain, il aperçoit dans le ciel, en direction de l’Ouest, à environ 40 ou 45° au dessus de l’horizon,  trois disques assez grands, lumineux, de couleur rouge orangée. Il est stupéfait. Vérifie qu’il ne rêve pas, que cette vision est bien réelle, qu’elle se prolonge… Il appelle son épouse, puis tous deux décident d’appeler leurs voisins, M. et Mme Voyer… Ces derniers, bien nommés, voient aussi ce qu’il est convenu d’appeler les trois OVNI, ou objets volants non identifiés. Sous leurs yeux, les disques changent de forme, s’allongeant peu à peu avant de s’éloigner vers le Nord, jusqu’à devenir trois points, puis disparaître sous les nuages. Le spectacle a duré 2 à 3 minutes. Appelés sur les lieux, les gendarmes interrogent séparément les quatre témoins dont ils connaissent le sérieux et l’honorabilité; ils concluent que leurs déclarations méritent d’être versées au déjà volumineux dossier des « soucoupes volantes ». « Nous n’avions malheureusement pas de pellicule pour prendre des photos », regrette Jean Martin.  (jpj d’après les quotidiens de l’époque)
 
 

Si Mirebeau m’était conté…

    Catégorie: Si Mirebeau m’était conté…Contact jp@jeanpierrejeannin.fr

      En créant une catégorie « Si Mirebeau m’était conté…», je souhaite ouvrir un tiroir pour y ranger des pages détachées du grand livre de Mirebeau, proches ou lointaines, qu’importe. Mais de façon légère, résumée, attractive j’espère, en offrant des raccourcis,  en ne gardant que le meilleur. Les sujets ne manquent pas et je compte autant sur votre érudition que sur vos souvenirs pour alimenter cette nouvelle fontaine de mémoire mirebalaise. Nous évoquerons la grande histoire bien sûr, les Plantagenêt, Aliénor, Foulques, ceux qui ont fait grandir Mirebeau et ceux  qui ont, plus ou moins, concouru à son déclin, comme Richelieu. Nous évoquerons l’histoire fantastique et drôle de la Vierge miraculeuse, puis l’abbé Vachère, personnage conflictuel s’il en est -et pour cette raison attachant- dont le souvenir divise encore les Mirebalais. Puis Georges David que j’ai eu la chance de connaître… Nous parlerons non en historiens, car nous ne le sommes pas, mais en journalistes, complètement affranchis de l’actualité et en suivant une règle simple: « les faits sont sacrés et les commentaires sont libres »…  (jpj)     


Deux livres pour Mirebeau.

   Mirebeau vaut bien deux livres. La preuve en est irréfutable : ils existent.

    Une partie du public ne s’y est point trompée qui a d’emblée décidé d’acheter les deux. Les deux ouvrages ont en effet en commun -outre leur intérêt évident pour notre patrimoine- d’être parfaitement  édités, rédigés et illustrés. S’agit-il donc d’un doublon ?  Que nenni !

    D’abord, Braves Gens, aucun risque de les confondre. Le petit, chronologiquement le premier, se glisse dans la poche arrière d’un Jean’ et s’emporte avec soi dans le dédale des rues mirebalaises. « Mirebeau, itinéraire du patrimoine » (textes de Denis Meunier, photos de Christian Rome) est un guide de visite luxueux, qui nous prend par la main pour nous faire découvrir successivement  le Mirebeau religieux, l’Architecture civile, le Mirebeau fortifié et les environs immédiats du village. Il contient une foule d’informations rares et propose des itinéraires aussi intelligents que distrayants.

    L’autre, « Le Mirebalais, passé et présent », écrit par Gérard  Simmat et très abondamment illustré de cartes postales anciennes (« remarquablement restaurées »… suivez mon regard…) appartient à ce qu’il est convenu d’appeler la catégorie des beaux livres. Sa place est davantage sur la table du salon que dans la sacoche de votre vtt.

    Surtout, il s’attache aux gens plus qu’aux pierres. On y retrouve ses photos de classe, les commerçants de son enfance, les noms des médecins, des garagistes et des coiffeurs… L’histoire des hommes en somme.

   Comme on nous l’a appris à l’école, «thèse, antithèse et conclusion », je dirai donc pour conclure que le choix dépend essentiellement de vous. Si vous êtes mirebalais d’adoption, installés ici depuis un an, dix ans, voire plus, offrez-vous sans hésiter le très joli petit bouquin de Denis Meunier. Il vous aidera à découvrir un Mirebeau que vous ne connaissez sûrement pas et vous le fera aimer davantage encore.

    Si, en revanche, vous êtes né ici, il y a 30, 40, 50 ans, ou plus, si vous avez acheté vos premières cigarettes chez Mme Ballu, échangé vos premiers baisers sur les promenades,  usé vos tabliers gris d’écoliers à l’époque des capelines et des semelles en bois, si vous avez connu le Mirebeau aux 26 cafés et que vous vous souvenez du tambour du garde champêtre… Alors n’hésitez pas à vous plonger dans  le Mirebalais de Gérard Simmat.

   C’est peut-être passéiste, mais il est bon parfois de se faire un peu mal à la mémoire. (jpj)

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