La Saint-André et après.

 Non, Saint André n’est pas mort. L’expo-photo greffée sur sa vieille carcasse de fête traditionnelle   lui a donné une nouvelle jeunesse. Merci et bravo à la Municipalité ! Deux jours de plus, elle faisait un miracle ! Quant aux photographes, plus cabotins qu’objectifs, dont je fais partie, ils furent quelque peu surpris, voire déçus, de constater que les anciennes vues de Mirebeau attiraient davantage de public que leurs chefs-d’œuvres élitistes. Les artisans du passé ont disparu mais leurs images ont traversé le temps, obéissant à la loi naturelle qui trie, sans erreur, le vrai talent des prétentions et des maladresses.

Les visiteurs de « la salle parquet » n’étaient peut-être pas tous de distingués connaisseurs rompus aux règles du cadrage ou de la composition mais ils obéissaient aux plus authentiques des stimuli : l’émotion, ce curieux mélange de sensations que dégage spontanément une image lorsqu’elle est réussie, qu’elle soit de Thurageau ou d’Iquitos.

Littéralement scotchés devant les cinq écrans où éclataient, chaque 4 secondes, 1500 portraits inédits du Pérou, les visiteurs déplaçaient leur chaise au rythme des séries, conquis par ce nouveau procédé d’exposition (*). Sur le paravent qui m’était attribué, 20 cadres traditionnels offraient une approche classique et la possibilité d’acheter et emporter les portraits originaux de Liz Taylor, David Niven, Dalida, Claude Nougaro, James Brown, BB King, David Gilmour, Calypso Rose, de jeunes Nigérianes au charme troublant ou de sensuelles Péruviennes du paradis amazonien… Séduction garantie, âges, sexes et générations confondus.

  

Des photos centenaires de Mirebeau, noir et blanc, parfois peintes à la main, aux riches couleurs des jupons de femmes du Titicaca, tout était prétexte à me dire bravo, merci, me promettre de nouveaux documents et m’écrire de touchants messages sur le livre d’or, comblant mon ego en contrariant ma modestie.

Aux photographes du passé, je transmets les compliments qui leur reviennent et je m’interroge sur le contenu de l’héritage photographique que nous lèguerons à nos enfants. Outre les subtiles « mosaïques » qui l’ont rendu célèbre, la série de "pensionnaires d’une maison de retraite" que vient de réaliser Maud Pidérit et qu’elle présentait aux Mirebalais, démontre bien, s’il en était besoin, qu’au-delà de l’ « âme et du temps » poursuivis par Frédéric Chelmas, c’est de vie réelle dont il s’agit, de reportages et non d’évocations philosophiques. Le plus grand quotidien péruvien, El Comercio, a écrit que mes photos permettent aux Péruviens de connaître leur pays et leurs compatriotes mieux que tout autre moyen d’information. Une dame, alors interrogée à la sortie de la galerie avoua qu’avant de visiter « l’exposition du Français », elle ignorait qu’il existât encore des tribus d’indiens en Amazonie. Saisir et partager un regard d’enfant, le visage buriné d’un vieil homme, la tendresse d’un vieux couple, le sourire d’une jeune mère… Peut-on rêver témoignages plus authentiques ?  (leblogdejeanpierre@live.fr)

(*) Merci à Francis et Pascale Jacquin « 100% Micro » qui ont aimablement mis à ma disposition, installé et programmé le matériel informatique de cette exposition. Merci aussi à Ruth et Fred qui ont eu la bonne idée de "voler" ces photos souvenirs sur lesquelles on reconnait, de gauche à droite: Marion Porzier, Secrétaire Générale de Mairie, François Ferretti, correspondant des quotidiens CP et Nr, Ruth Jeannin, Maud Pidérit Photographe, MM. Jean-Paul Derigny et Claude Léger, Adjoints, Yves Deméocq. (vignettes cliquables). Agrandissements et légendes. 

Liste des Photos et Diaporamas d’Ailleurs: Clic!


One response to “La Saint-André et après.

%d blogueurs aiment cette page :