Jacques Martin

J’avais engagé Jacques Martin pour un congrès de concessionnaires Renault, à Royan, en 1973. A la fin du repas, l’artiste devait entrer en scène. Tandis qu’il attendait derrière le rideau, un convive lance un quignon de pain sur un de ses collègues. En quelques secondes des dizaines de morceaux de pain volent à travers toute la salle… Martin se précipite sur l’estrade outré: «Vous n’avez pas honte ? On ne vous a donc jamais appris qu’on ne jette pas le pain. Les ouvriers de Billancourt qui ont tant de mal à gagner leur vie seraient sûrement édifiés de voir leurs patrons comme je vous vois… Je n’ai plus du tout envie de jouer pour vous, mais je dois faire mon métier, moi aussi. Je vais le faire pour ceux d’entre vous qui ont essayé d’empêcher ce lamentable étalage de bêtise et de goujaterie. Bon appétit Messieurs !… » Au revoir Maître Jacques. (jpjeannin@9online.fr)

 

Au début des années 90, diplomate à Lima, je passe quelques jours à Iquitos, capitale de l’Amazonie péruvienne. Allumant la télévision de l’hôtel je tombe par hasard sur TV5. Sachant qu’aucun accord n’a été signé avec la chaine française, je mène une rapide enquête sur l’entreprise qui ose pirater ainsi notre télé nationale. Le coupable s’appelle Stanislas Timisky, polonais, marié à une amazonienne et qui va bientôt se présenter aux élections présidentielles en Pologne, contre Lech Walesa (Timisky arrivera tout de même second avec 17 %). Je le rencontre dans un bar qui lui sert de quartier général. « Voilà, avoue-t-il, TV5 est diffusé sur un satellite brésilien et je le reprends simplement. A Iquitos, le taux d’écoute d’une chaine française ne justifie évidemment pas un contrat de diffusion, mais si je dois le supprimer je vais avoir des ennuis avec la population ». Là je trouve que mon interlocuteur en fait un peu trop. « Je suis sérieux, affirme-t-il. Ils regardent tous L’Ecole des Fans. Ils ne parlent pas français mais ils trouvent cela très drôle. Je crois que c’est le programme étranger le plus regardé ». J’offre à M. Timinsky un contrat de diffusion gracieuse  sur le bassin d’Iquitos pour lui éviter tout ennui avec les contrôleurs hertziens.

 

De retour à la capitale, je suis impatient de démarcher les opérateurs locaux, mais, naturellement soucieux d’assurer leurs recettes publicitaires, aucun ne se montre très chaud pour attribuer un canal à ce que nous considérons, nous, comme notre meilleur média culturel. Je raconte l’histoire de Timisky. D’accord me dit un cablo: Accordez-moi  six mois gratuits. Si les taux sont bons, j’ajoute TV5 à mon bouquet. Trois mois plus tard, les enquêtes de satisfaction effectuées sur plus de quarante chaines, classent déjà TV5 parmi les cinq programmes étrangers les plus regardés. Après six mois, la grille des programmes de TV5 occupe la troisième place derrière CNN et Canal Globo du Brésil et une émission bat tous les records, toutes catégories confondues: l’Ecole des Fans de Jacques Martin, devenue l’émission étrangère la plus regardée du Pérou. (jpjeannin@9online.fr)

 

Et maintenant, je me pose deux questions. La première : est-ce que la culture est bien ce que l’on croit ? Et la deuxième : est-ce que Cécilia Ciganer-Albeniz qui épousa Jacques Martin le 10 août  1984, devant le maire de Neuilly-sur Seine, Nicolas Sarkozy, et lui donna deux filles, va ou non porter le deuil ?  (jpjeannin@9online.fr)


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